Témoignages et portraits

Nous donnons ici la parole aux militaires blessés (la plupart ont été bénéficiaires de l'association) et aux familles. Lisez leurs mots pour mieux comprendre la complexité de la blessure de guerre.

Des femmes ayant perdu leurs conjoints militaires au combat ont participé à un stage de reconstruction organisé par Solidarité Défense et l’ANFEM: « Regards d’espérance ». Dans ce podcast, elles se sont exprimées sur leur expérience, sur l’importance de se retrouver entre veuves et la possibilité de continuer à vivre sereinement après la perte d’un amour. 

Texte écrit par le frère d’un militaire blessé atteint du syndrome post-traumatique

L’AMOUR D’UN FRERE

            Je me souviens de ce jour comme si c’était hier. En deux mille neuf, j’avais à peine douze ans. Le jour où j’ai vu mon frère s’effondrer et baisser les bras. Le jour où j’ai compris qu’il ne serait plus jamais le même.

            Un an plus tôt, durant l’année de mes onze ans, mon frère avait quant à lui bientôt dix-huit ans. Pour moi, la vie était simple, la vie était belle. Mon grand-frère venait d’entrer dans l’armée, au sein d’un régiment de chasseurs alpins. Il a tout de suite trouvé en l’armée une nouvelle famille, une passion, une raison concrète de se lever chaque matin en se sentant utile. Cet épanouissement ravissait toute notre famille.

            Quelques mois plus tard, alors fraîchement sorti de sa formation initiale, il apprit qu’il partait pour sa première mission à l’étranger : en Afghanistan. Une terre hostile et meurtrière pour beaucoup de nos soldats.

            Pour ma part, j’étais le dernier né de notre fratrie de cinq enfants. Alors encore trop jeune pour comprendre où partait mon cher frère, on me dit à l’époque qu’il partait en mission humanitaire dans un pays en paix. Au vu de notre relation plus que fusionnelle, il est vrai qu’il n’aurait pas fallu me dire que mon frère, mon idole, partait en guerre. J’en aurais fait des cauchemars.

            Ce n’est qu’après son retour que j’appris la vérité. C’est à cette époque précise, quand j’avais douze ans donc, que je perçu pour la première fois une fêlure en lui. Il n’était plus le même qu’avant de partir. Ses blagues n’étaient plus enfantines, ses sourires étaient froids et surtout, il n’était plus aussi bavard qu’il avait pu l’être. Il passait de longs moments seul et silencieux. Mais qu’avait-il bien pu se passer là-bas?

            Encore quelques mois après cela, je surpris une discussion entre ma mère et une de mes sœurs. Elles parlaient de mon frère. Ma mère avait le visage rouge écarlate et ma sœur les yeux emplis de larmes. Il était question d’un des camarades de mon frère, tué au combat durant la mission de l’année passée.

            Petit à petit, j’en appris de plus en plus pour pouvoir reconstituer le puzzle de mon frère. En résumé: il devait partir en mission en même temps que ses frères d’armes, mais suite à un problème médical, son départ a été repoussé. Lorsqu’il posa enfin le pied sur le sol afghan, son meilleur ami était déjà mort sous le feu ennemi.

            Mon frère fut réformé avant même la fin de son contrat de cinq ans. Souffrant du syndrome de stress post-traumatique et du syndrome du survivant, une longue descente aux enfers l’attendait. En un claquement de doigts, il a perdu presque tout ce qu’il aimait. Nous, sa famille, étions là pour l’épauler. Sans pouvoir comprendre sa douleur. Mais, comme toute personne qui souffre, il a préféré s’isoler et vivre dans ses souvenirs.

            Les années qui suivirent furent compliquées pour mon frère. Il vagabondait de villes en villes, sans but précis. Tous les jobs qu’il trouvait ne faisaient pas long feu. Ce qu’il souhaitait par-dessus tout, c’était retourner dans l’armée. Durant toutes ces années, il a fait des pieds et des mains pour y parvenir. Il a contacté des généraux, écrit beaucoup de lettres, fait des démarches à n’en plus finir. Il s’est même présenté à Aubagne, au régiment de recrutement de la Légion Etrangère. Tout cela en vain.

            C’est comme si cette France qu’il avait tant aimé, cette France qu’il avait défendu de sa sueur et de son sang, cette France qui lui avait arraché ce qu’il avait de plus cher, le rejetait comme un vulgaire déchet. Son beau pays, disait mon frère, le plus beau du monde. Un jour, il comprit que c’était trop dur de continuer à vivre sur sa terre natale. Alors il décida de partir, du jour au lendemain.

            Je suis le dernier à l’avoir vu en métropole. Je partais faire mes classes dans un régiment d’infanterie parachutiste et lui partait vivre à Tahiti. Nous nous sommes quittés, sur les abords de la gare Saint-Lazare de Paris, avec une seule promesse: de vite se retrouver.

            Un dernier mot, une dernière embrassade, un dernier regard… et il était parti.

            Tahiti a été, pour mon frère, un second souffle. Un nouveau départ dont il avait tant besoin. Je ne dis pas que cela lui a permis de se débarrasser de ses démons, non. Mais au moins, il a pu envisager un avenir meilleur. C’était un grand pas pour lui. Une année, il a même reçu notre mère en vacances.

            Nous nous appelions très souvent, moi dans le froid de la France et lui sous les cocotiers, les orteils enfouis dans le sable chaud. Il continuait de vivre dans l’armée à travers moi. Je lui racontais mes bons moments, comme mes mauvais. Mes classes, ma première mission à l’étranger, mes missions Sentinelle, ma formation pour passer chef d’équipe et bien d’autres…

            Tout ce que je lui disais, il le vivait avec moi. Ce qui m’allait très bien car c’était une façon pour lui d’être nostalgique de son temps d’armée sans forcément s’autodétruire avec les mauvais souvenirs.

            Au début de l’année deux mille vingt, il a rencontré une fille. Tout se passait merveilleusement bien. Il nous l’avait présenté via nos appels en vidéo. Elle avait l’air charmante, bien que jeune pour lui. Mais malgré leurs sept ans d’écart, ils avaient l’air de vivre le parfait amour.

                       Au mois de Juillet de cette même année, un drame survint. Mon frère, rentrant chez lui au petit matin, percuta un piéton. Aveuglé par le soleil levant, il ne l’avait pas vu sur la route. Malgré l’arrivée des secours appelés par mon frère, ce monsieur mourut des suites de ses blessures quelques heures plus tard.

            Une nouvelle tragédie qui allait le replonger en enfer alors qu’il se remettait à peine de ses précédents tourments. Encore une couche de souffrance et de culpabilité qui vint s’ajouter au reste.

            Cet évènement fit énormément de mal à ma mère, qui n’avait vraiment pas besoin de cela en cette période. Mais, avec la combativité d’une lionne protégeant son lionceau, elle s’apprêtait à entamer un rude et long combat pour sauver son fils.

            Les jours qui suivirent furent très compliqués pour notre famille. Le couple de mon frère, malgré les belles promesses de son amie, ne tint pas. Il se retrouva alors presque seul, à seize mille kilomètres de sa famille.

            J’avais contacté un excellent ami de mon frère, travaillant à l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG). Cet homme a fait énormément pour mon frère à l’époque de sa réforme et en fait toujours autant pour lui aujourd’hui.

            Une avocate, bien que commise d’office, c’est avérée brillante, combative et impliquée. C’est pourquoi ma mère a souhaité la conserver pour qu’elle poursuive sa défense. Durant les semaines qui suivirent, ce fut un combat acharné.

            Cependant, nous avions utilisé toutes nos cartes, nous étions à court d’idée. L’espoir avait disparu, nous commencions peu à peu à nous résigner. Même lui était fatigué de ces montagnes russes émotionnelles entre espoir et déceptions.

*

            En Novembre, l’armée s’est aussi arrêtée pour moi. Je suis également devenu père ce mois-ci. Souhaitant reprendre mes études, l’année d’après, je décidais de travailler en intérim en attendant. Pour arrondir les fins de mois, je faisais des petites missions d’aide au déménagement à droite, à gauche.

            Pendant ce temps, mon frère continuait de s’enfoncer de jour en jour. A l’approche de son anniversaire, le jour de Noël. Se sachant à des milliers de kilomètres de sa famille et particulièrement de ses neveux et de sa nièce qu’il n’a pas encore rencontrée.

            Au milieu du mois de Décembre, je me suis rendu dans un village voisin du mien pour une mission : aider un couple à déménager durant toute une journée. Nous avons fait connaissance et en discutant, la femme me dit que son père est un ancien colonel des troupes de marine et qu’il agit dans une association, Ad Augusta, qui aide les hommes et les femmes blessés alors qu’ils servaient la Nation : des militaires, des pompiers et des gendarmes.

            J’en ai de suite parlé à ma mère qui a fait des recherches de son côté. Il s’avère que le co-président de cette association était en Afghanistan avec mon frère. Quel heureux hasard, diriez-vous. Un peu plus tard, ma mère a eu une conversation téléphonique avec quelqu’un de cette association et de Solidarité Défense qui, quant à lui, connait très bien l’ami de mon frère travaillant à l’ONACVG. Encore un hasard ? C’est fou de se dire que le monde est à la fois immense et infiniment petit.

            J’ai, par la suite, conversé à mon tour avec ce charmant monsieur. Il m’a très bien cité Albert Einstein qui disait : « Le hasard, c’est Dieu qui se promène incognito. » Durant plus d’une heure, nous avons parlé de mon frère, je lui ai raconté son histoire d’un point de vue différent de celui de ma mère. A savoir, celui d’un petit frère également ancien militaire. Il m’a ensuite conté quelques anecdotes d’histoires similaires auxquelles il avait été confronté par le passé. Ses paroles étaient pleines d’espoir pour mon frère. Pour ma famille, Ad Augusta et Solidarité Défense auront été le dernier phare à s’allumer dans cet océan de noirceur. Digne d’un miracle de Noël.

            Il me promit de tout mettre en œuvre pour le faire sortir et, surtout, que les associations le prendront sous son aile dès son retour.

            Ce qui importe le plus aujourd’hui, c’est sa reconstruction intérieure. Sinon, il n’avancera jamais. Alors ma famille et moi-même mettons tous nos derniers espoirs en eux pour réparer mon frère que nous aimons plus que tout.

Note personnelle à mon frère:

Un jour… que ce soit demain, dans six mois ou dans dix ans, tu sortiras de cet incessant tourbillon de douleur, je te le promets.

Un jour, tu toucheras toi aussi la lumière qu’est le Bonheur.

«Né en 1989, j’ai grandi en Picardie avec ma mère assistante maternelle, mon beau-père cuisinier et mes 3 petites sœurs.

Je n’ai toujours eu qu’un seul rêve et objectif de vie : servir mon pays et apporter ma modeste contribution sur les théâtres d’opérations extérieurs. A 17 ans, alors que j’étais en 2nd Générale, je réussis un concours pour intégrer une formation de sous-officiers de l’armée de l’air : L’AETA (école des arpètes). Cette formation de 2 ans était pour moi le moyen de rejoindre l’armée le plus tôt, tout en ayant l’opportunité de suivre des cours pour obtenir le baccalauréat.

J’ai ensuite basculé dans l’armée de terre en 2009 au sein du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes (1er RCP) pour être au plus près des actions. Je me suis totalement épanoui et j’ai réellement vécu ce dont je rêvais. J’ai été engagé en Guyane (2010) dans la lutte contre l’orpaillage, en Afghanistan (mandat Raptor 2011 où j’ai été blessé au combat), au Mali (alerte guépard 2013) et au Gabon (2013). Bien que j’aie démarré militaire du rang au 1er RCP, mes performances m’ont poussées à présenter le concours de l’EMIA[1] que j’ai obtenu en 2014 avec seulement 3 mois de préparation. Cette réussite m’a fait prendre conscience que j’avais des capacités intellectuelles qui, associées à des raisons personnelles, m’ont poussé vers la sortie.

En 2014, j’ai donc quitté l’armée sans reconversion, car rien n’existait pour ceux désirant reprendre des études longues. J’ai commencé par 2 années en éco-gestion à Toulouse School of Economics puis, voulant retrouver le monde du travail, j’ai poursuivi mes études en apprentissage à l’Université Paris-Dauphine. J’ai obtenu ma licence et mon master de finance en travaillant en banque privée.

J’ai ensuite été accepté au sein du MBA de HEC Paris. Malheureusement, je me suis retrouvé dans l’impossibilité de le financer. Un élan de solidarité m’a permis de lever les fonds nécessaires à ma formation et je ne remercierai jamais assez Solidarité Défense pour son soutien lors de cette période, aussi bien financièrement que psychologiquement. L’ensemble des contributeurs, associations et personnes privés m’ont permis d’aller au bout de ma reconversion et donc de changer mon futur.

Je viens de terminer ma 1ère année à HEC (sur 2 années) où tout s’est extrêmement bien passé. J’ai eu l’opportunité de réaliser un échange international à Chicago Booth et suis actuellement en stage jusqu’à fin août en M&A (Fusions et Acquisitions) et Conseil en Stratégie.»

Liniked-In: https://www.linkedin.com/in/david-rocher/

 

 

[1] L’École militaire interarmes (EMIA) est une des écoles de l’Armée de terre française chargée de former des officiers issus du recrutement interne (anciens officiers de réserve, sous-officiers ou militaires du rang)

Le dimanche 27 juin Guillaume et Thomas, deux militaires blessés, ont fini leur ascension du Mont Blanc. Il fallait bien le toit de l’Europe pour qu’ils fassent entendre la force de leur détermination. Plus qu’une sortie entre copains, cet événement est un message d’espoir pour eux et pour tous les militaires blessés.

La blessure militaire est reconnue et prise en charge mais elle reste synonyme d’« invalidité ». Or la blessure n’éteint pas la vocation ; la volonté de servir demeure bien souvent intacte. Mais revenir dans les armées après une blessure, retrouver toute sa place n’est pas forcément chose aisée. C’est cette frustration qui a donné à Guillaume l’énergie de se lancer un défi : réussir l’ascension du Mont Blanc.

En 2010, Guillaume s’engage dans l’armée en tant que sous-officier et est affecté au 121ème régiment du Train de Montlhéry. Pendant neuf ans, il participe à des opérations extérieures. Mais le 28 juin 2016, au Mali, le sergent-chef fait partie d’un convoi de ravitaillement. Un engin explosif improvisé lui arrache le grand fessier, une partie du nerf sciatique, lui fracture le fémur et le bassin. « Arrivés à Kidal, envoyé au bloc, nos chirurgiens m’ont très vite opéré et placé en coma artificiel, comme j’étais très touché. Un peu plus tard, j’étais rapatrié via un Falcon médicalisé jusqu’à l’aéroport de Villacoublay afin d’être acheminé et soigné à l’hôpital des armées de Percy. J’ai été six jours dans le coma, mais j’avais besoin de dormir. » raconte-t-il au Progrès.

Les opérations chirurgicales s’accumulent, la rééducation est longue, la dépression guette. A Percy, Guillaume reçoit la visite de ses camarades mais aussi d’une bénévole de Solidarité Défense. Être entouré et pouvoir discuter librement lui permettent de tenir. Les stages de la CABAT et de Terre Fraternité le remettent en selle. Guillaume est désormais affecté à Lyon, à l’état-major de la Zone Sud Est.

Avec l’appui de de l’Etat-major de la Zone de défense Sud-Est et de la brigade de montagne, le soutien de la CABAT, Guillaume et Thomas se sont préparés depuis le mois de mars. Trois mois de préparation physique et technique et dix jours intenses dans le massif du mont Blanc.

Pour lui, les « valides » ne doivent pas être les seuls à mener des actions au profit des blessés. Les blessés peuvent aussi faire pour les blessés : « il faut qu’on fasse, on est capable, on a envie ». L’ascension du Mont Blanc par Guillaume et Thomas est bien plus qu’une ascension entre copains, il s’agit d’un message qui s’adresse à tous les blessés. C’est une journée pour les blessés, par les blessés. Le message est clair : « Autorisez-vous le droit de rêver, ne vous mettez pas de barrières ».

Guillaume et Thomas ont fait le choix d’associer leur effort à Terre Fraternité, qui les ont beaucoup aidés dans leur reconstruction, mais aussi à Solidarité Défense parce que Solidarité Défense aide tous les blessés, quelle que soit leur armée d’appartenance. Terre, Air, Marine ou gendarmerie, les blessés méritent tous une aide, une voix et un avenir de choix.

C’est en juin 2020 que je pris un premier contact avec le Général (2S) Jean-Eudes Barau, délégué général de Solidarité Défense et lui exprimai mon souhait de m’engager comme bénévole pour faire ce que je me promettais depuis plusieurs années : participer aux actions d’aide aux blessés de nos Armées.

 

Je reçus le meilleur accueil, ce qui me rassura car je craignais d’avoir un peu passé l’âge, à 71 ans, de ce genre de démarche auprès de jeunes camarades.

 

Il me proposa d’emblée une solution plus adaptée que celle de rejoindre les visiteurs des hôpitaux d’instruction militaires (HIA) parisiens, car j’habite dans l’« Ouest lointain » de notre beau pays, le Finistère. Il s’agissait de participer à une nouvelle initiative de Solidarité Défense consistant à mettre en place des visiteurs dans les HIA « de province ».

 

J’acceptai sans hésitation cette proposition d’autant que le Général Barau avait déjà « un homme dans la place » en la personne du Major Patrick Fortaner, ancien plongeur-démineur de la Marine Nationale, résidant à Brest, fort d’une expérience personnelle du long parcours du blessé et visiteur occasionnel au HIA Clermont-Tonnerre de Brest.

 

Il fut donc accordé de former un binôme de visiteurs de l’association dans ce HIA et le Général Barau officialisa cette initiative auprès de la direction de l’hôpital en lui proposant la signature d’une convention.

 

Patrick Fortaner et moi, après avoir fait connaissance autour d’un déjeuner dans une crêperie de Quimper, avons bénéficié d’une journée d’information, fort instructive et vivante, au siège de l’association à Paris.

 

Puis, dans les premiers mois de 2021, les choses se sont mises en place : premiers contacts avec la direction du HIA puis avec le service de psychiatrie, seul service de l’hôpital accueillant actuellement des blessés militaires (psychiques en l’occurrence) et enfin, au mois de mars, notre première rencontre avec quelques-uns de ceux-ci.

 

Depuis lors, nous nous rendons une ou deux fois par mois au HIA Clermont-Tonnerre, lors de la semaine (ou des semaines) durant la/les quelle(s) un certain nombre de blessés rejoignent pour soins le service de psychiatrie.

 

Ces premières rencontres nous ont largement conforté dans l’utilité de notre engagement auprès de ces camarades qui apprécient des échanges décontractés « entre soldats » (le personnel médical nous laisse en tête-à-tête avec eux) et à qui nous proposons – avec l’aide de l’association – de les aider à résoudre des difficultés concrètes qui viennent rajouter, au quotidien, une couche d’inquiétude et d’incertitude à leur détresse.

 

Par ailleurs, nous avons relayé auprès de l’hôpital la proposition de Solidarité Défense de participer au financement d’équipements neufs, d’un revêtement de sol et de remise en peinture des murs de la salle de sport, très fréquentée par les blessés.

 

La confiance que nous manifestent d’emblée les blessés, l’accueil chaleureux et confiant des soignants, les tout premiers succès de notre action que nous entrevoyons avec l’aide de Solidarité Défense, nous confortent, sans bémol, dans l’optimisme qui était le nôtre dès le départ dans cette aventure à dimension très humaine.

 

Général (2S) Jean Husté et Major (cr) Patrick Fortaner

Dominique Godde est bénévole chez Solidarité Défense. Il est « visiteur », c’est-à-dire qu’il visite les militaires hospitalisés dans les HIA (hôpitaux militaires).

Dominique a passé 28 ans dans l’armée de l’air en tant que navigateur. Il a parcouru le monde au gré des opérations extérieures (ex-Yougoslavie, Afghanistan, guerre du golfe). Après 8 ans de carrière en tant que sous-officier, il devient officier sous contrat. Après son départ de l’institution militaire en 2009, ayant toujours l’âme vadrouilleuse, il travaille dans la sécurité et continue à voyager, notamment au Yémen et au Mali. En 2019, alors qu’il surfe sur un blog militaire, il tombe sur une annonce de Solidarité Défense indiquant que l’association cherche des bénévoles pour visiter les militaires blessés à l’hôpital. Il est tout de suite intéressé par cette activité et s’engage dans l’association.

Etant ancien militaire, il trouve plus simple de discuter avec les blessés : « En tant qu’ancien militaire, on aide des gens, des jeunes, qui font partie de l’entité à laquelle on a appartenu, c’est un peu notre rôle ». Pour autant, il est intimement persuadé de l’importance de l’engagement des civils dans cette démarche de soutien des militaires blessés, un peu trop souvent oubliés. Il voit les bénévoles de Solidarité Défense comme des petits « porte-paroles » des blessés pour l’armée : en rappelant qu’ils sont là, ils montrent qu’il faut s’en préoccuper (d’autant que souvent, un militaire blessé doit se charger de démarches administratives dans un moment où il est « un peu perdu ». Avoir une aide à ce moment-là est donc important pour ne pas se sentir seul ou débordé).

Il n’est pas toujours évident de voir directement ce que les visites apportent aux blessés, surtout pour les blessés psychiques. « On sent rapidement si on les emmerde ou si ça les réconforte ». Pour la plupart, pouvoir échanger fait du bien et même, certains ont une réelle envie de parler. « On a l’impression de servir à quelque chose, même si c’est une goutte d’eau dans la mer. Solidarité Défense est une association active, avec beaucoup d’antécédents positifs et de résultats. ». Malheureusement, avec la Covid-19, les visites ont dû s’arrêter, et il est très frustrant pour les visiteurs de ne plus rencontrer physiquement ceux qui en ont besoin.

Ce n’est pas non plus facile de visiter. Etre face à des personnes vraiment touchées psychologiquement ou physiquement est toujours difficile à vivre. Mais « on apprend à se faire une barrière entre le moment de la visite et le quotidien ». Se faire une carapace pour gérer l’intensité du bénévolat va de pair avec la formation des bénévoles. Pour commencer, Dominique a fait une ou deux visites avec Mme Michelle Larrondo : d’abord il a observé la manière de faire, puis il est intervenu petit à petit. Avec l’expérience, il a été ensuite en mesure de prendre en charge une autre bénévole, Catherine Duarte, elle, civile. La rencontre entre les deux bénévoles a été évidente, spontanée et ils ont souvent visité les militaires en équipe. « J’ai adoré ce que je faisais, j’ai passé de très bons moments avec des gens très investis, j’ai rencontré des gens sympathiques et avec qui on a des liens d’amitié.»

Dominique visitait les blessés de l’HIA de Begin, il va désormais rejoindre deux autres bénévoles à l’hôpital de Brest.

Saint-Cyrien de la promotion « Souvenir de Napoléon » (1968-1970), ayant choisi l’arme de l’infanterie, j’ai vécu pleinement une carrière militaire de quelque 37 ans dont 12 passés dans les régiments, au contact de la troupe. Mais cette carrière m’a offert bien d’autres expériences dans les domaines du commandement, du renseignement et des relations internationales.

Ces années sous l’uniforme ont été suivies de 15 autres durant lesquelles je me suis investi dans une expérience professionnelle bien plus solitaire, celle du conseil en sécurité (lire : « protection contre la malveillance sous toutes ses formes ») en France et à l’étranger. Mes missions m’ont amené à travailler dans 25 pays en dehors de la France et dans lesquels j’ai côtoyé des expatriés, vivant et travaillant souvent dans des conditions difficiles.

Ces deux vies professionnelles ont été liées par un trait d’union : celui d’œuvrer avec/pour des hommes et des femmes.

Après ces plus de 50 ans d’activités professionnelles j’ai voulu réaliser un souhait personnel, celui de participer bénévolement aux actions d’aide aux blessés de nos Armées.

J’ai trouvé en Solidarité Défense, un cadre d’engagement et un soutien solide, permettant d’exprimer dans l’esprit et dans les faits, la solidarité à laquelle nos blessés sont en droit de prétendre.

Le fait de participer à la première qu’a représenté la création d’une équipe de visiteurs de Solidarité Défense au sein d’un HIA de province – celui de Brest – et auprès de blessés psychiques, est venu répondre totalement à ce souhait personnel.

Patrick Fortaner intègre l’école des mousses en 1969 à 15 ans et demi. Il se spécialise en tant que manoeuvrier puis plongeur-démineur. Il participe à des Opérations de déminage en mer rouge, au Liban, au Golfe Persique, et en Croatie avec l’UNICEF. Il en fait également sur les côtes françaises. Il mène des missions archéologique, d’expertise, de sauvetage et de dépollution d’épaves (Bolem – Olympique Bravery – Amoco Cadiz – Niagara), et participe à l’extension du port du Havre durant trois années. Il est aussi moniteur de plongée et Maître-nageur sauveteur. 

 

En septembre 2003, il a un accident de décompression après une plongée à 60 mètres.  Il est réformé après 41 ans de service opérationnel. Il devient tétraparésique avec 100% d’invalidité. 

« Suite à cet accident, Solidarité Défense m’a été d’une grande aide pour la reconnaissance de mes droits face au service des pensions,  et a aidé à ma reconstruction.

 Depuis, je donne des cours d’étirements et de renforcement musculaire au sein d’une association et je me suis engagé auprès de Solidarité Défense, fort de mon expérience de blessé pour apporter mon aide et mon expérience. »

Foudroyé

Foudroyé

de Arnaud Sallembien , Catherine Escrive Collection Actualité 208 pages – oct. Joe Vellano 2015 – Prix : 18,00€

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Sur de nombreux théâtres opérationnels à travers le monde, des soldats français combattent pour la liberté et pour la paix. Il sortent de l’anonymat lorsque, morts en action, ils reçoivent l’honneur des armes, ou, accusés d’exactions, ils endurent le déshonneur du soupçon. Ceux qui reviennent grands blessés, traumatisés dans leur chair et dans leur âme, restent dans l’obscurité. C’est sur eux et sur ce déni que ce live fait la lumière. Les deux vies qu’a eues Arnaud et qu’il raconte dans le livre en sont exemplaires. La première, mêlant la jeunesse, l’aventure et le devoir s’achève lors d’une mission à Djibouti. Son existence bascule le 13 janvier 2000 lorsqu’il est grièvement blessé. La seconde commence à l’hôpital, la rééducation, le regard des autres, son propre regard sur ce corps à jamais handicapé et cette conscience définitivement changée. Il lui faut se relever : pratique intensive du sport, réinsertion professionnelle, engagement caritatif-rien ne l’arrête ! La course d’Arnaud n’est pas achevée. Est-ce si vrai pour tous ses compagnons de mauvaise fortune ? Que fait le pays pour ses vétérans qui payent de leur vie la défense de ses intérêts ? Ce récit de vie bouleversant de foi, de courage et d’humanité nous invite à nous poser des questions et nous appelle à la solidarité envers ceux que l’on oublie trop souvent. Ancien commando, marié et père de famille, Arnaud Sallembien, est aujourd’hui aide-moniteur sur une base militaire en Bretagne et participe régulièrement à des compétitions handisport de haut niveau.

Blessé de Guerre – 6 mois de combat en Afghanistan

Blessé de guerre

Blessé de Guerre

De et édité par : Jocelyn Truchet Mise en page : Bruno Pasdeloup 160 pages – oct. Nike SB Check 2015 – Prix : 22,00€ ISBN 978-2-7466-6634-4

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Né le 27 mars 1985 à Saint-Jean-de-Maurienne, Jocelyn Truchet a grandi dans sa vallée natale. Il y poursuit sa scolarité jusqu’au baccalauréat avant de suivre un DUT en sciences est génie des matériaux à Chambéry qu’il obtient en 2005. En septembre 2006, il s’engage à l’Ecole Militaire de Haute Montagne (EMHM) de Chamonix. Onze mois plus tard, il obtient ses galons de Sergent et choisit son affectation au sein du 13ème Bataillon de Chasseurs Alpins de Chambéry. Sa première opération extérieure se déroule en Guyane, de mai à octobre 2008, dans le cadre d’une opération de sécurisation du site de lancement de la fusée Ariane et de lutte contre l’orpaillage clandestin. A son retour, il entame sa préparation pour l’Afghanistan avant de s’envoler pour la capitale afghane le 2 décembre 2009. Cinq mois plus tard, le 16 mai 2010, un engin explosif improvisé placé au bord d’un sentier explose sur son passage, le blessant gravement. Amputé lourdement au dessus du genou de sa jambe gauche, il entame une longue période de rééducation. Cité à l’ordre de l’armée, il reçoit le 112 octobre 2010 la Croix de la Valeur Militaire avec palme de la main du Général Elrick Irastorza, Chef d’Etat Major de l’armée de terre. En avril 2011, le Colonel Vincent Pons, ancien commandant de son Bataillon en Kapisa, lui remet la médaille militaire dans sa ville natale. Le 27 juin 2012, accompagné d’élèves officiers de l’Ecole Militaire Interarmes, il réussit l’ascension de l’Aiguille du Midipar l’Arête des Cosmiques.

JEAN-MARIE BOCKEL 

Revue Inflexions, numéro 46, 2021

LES FAMILLES AUSSI

Comme toute œuvre humaine, l’engagement est d’abord une décision personnelle et relève du libre choix de chacun. Il n’y a pas de déterminisme et c’est d’ailleurs le fondement même de cette démarche que de relever du libre arbitre et d’être le fruit d’un cheminement, d’une maturation intrinsèquement propre à chaque individu. Toute autre forme d’engagement serait d’emblée entachée et donc amoindrie par son manque de sincérité, d’authenticité, d’enthousiasme et donc aussi de continuité et de persévérance.

Ayant rappelé ce principe, je peux pour autant affirmer ma conviction que l’engagement des familles joue un rôle important, sinon déterminant, dans la démarche d’engagement de chacun des membres qui les composent. Cet engagement, c’est d’abord celui, passé et présent, des parents et la dimension de transmission qu’il révèle. Une transmission de valeurs et de principes à travers à la fois la parole, l’exemple et l’échange qui peut en résulter. Avant de préciser et d’illustrer mon propos à partir de mon expérience personnelle et familiale, je veux réaffirmer mon axiome de base ; il n’y a jamais d’atomicité dans la transmission de valeurs ; on ne peut savoir ni quand elle ne se produit ni si elle a lieu ni quelle forme elle prend ; la complexité de l’âme humaine interdit tout raisonnement mécanique et toute conclusion hâtive dans un sens « le message est passé », ou dans un autre, « nous avons échoué ».

Je vais prendre deux exemples contradictoires que nous avons vécus avec mon épouse et qui concernent chacun de nos enfants. Le premier, c’est le scoutisme, qui fut un engagement d’enfance de jeunesse pour chacun de nous deux. Nous avons fait partie du mouvement scout catholique très tôt, à l’initiative de nos propres parents, et y avons persévéré jusqu’à l’âge adulte après avoir adhéré volontairement et progressivement à ses valeurs. Cette expérience partagée a compté dans notre engagement mutuel et a influencé l’éducation de nos enfants. Nous avons donné la possibilité, la chance selon nous, à chacun d’entre eux, de s’y engager à leur tour. Ils gardent tous le meilleur souvenir. Certains ont persévéré et ont des responsabilités de chef et d’encadrement, en particulier notre fille ainée et notre plus jeune fils. S’agissant de ce dernier, mort pour la France en novembre 2019 au Mali, nous sommes persuadés, et il en convenait, que cet engagement a eu une incidence, en même temps que d’autres déterminants et motivations, dans son engagement dans l’armée au service de son pays.

Le second exemple concerne l’engagement spirituel. Là aussi il y a eu la volonté des parents que nous sommes, mon épouse et moi, de transmettre les fondamentaux de la foi chrétienne et de l’engagement au service du prochain qui en découle. Cela passe par les sacrements, l’éducation religieuse au sein de la famille, le catéchisme et l’enseignement religieux à l’école, et aussi une incitation dès le plus jeune âge à la pratique religieuse régulière dans une famille pratiquante de génération en génération. Le moins que l’on puisse dire est que le résultat, à ce jour est mitigé, que nous en ressentons parfois, sur ce plan en tout cas, un sentiment d’inachevé.

Pour autant, l’engagement des enfants, aujourd’hui adultes, issus d’une famille très engagée sur bien des plans, me semble un fil conducteur entre tous les membres de cette famille et un lien fort.

L’engagement, sous toutes ses formes, a ainsi toujours été au cœur de notre vie familiale et a eu une incidence sur les choix de vie, y compris professionnels, de chacun. Outre les engagements que je viens d’évoquer, et celui, professionnel, au service de la justice au sein du Barreau, ma femme y faisant toute sa carrière comme avocate spécialisée dans le droit de la famille, nous vécûmes ensemble un engagement militant et politique qui marquera qui marquera forcément les années d’enfance et de jeunesse de nos enfants ; j’ai commencé ma longue carrière politique dès l’âge de trente ans par ma première élection de député alors que nos trois aînés étaient nés, j’ai été maire de Mulhouse pendant vingt et un ans, deux fois ministre , à trente-quatre puis à cinquante-six ans, enfin sénateur, ce qui a signifié pour eux  beaucoup de pression, de contraintes, d’absences, de campagnes électorales avec leurs lots de succès et d’échecs vécus ensemble. Cet engagement a profondément marqué notre famille sans qu’il n’y ait eu pour autant de véritable transmission d’une vocation politique à quiconque. Je me réjouis que cet engagement très dur, impitoyable et profondément déstructurant ne l’ait pas détruite. À cet égard, je suis convaincu que la notion et même l’idéal d’engagement des familles, de la nôtre en l’occurrence, aura été déterminant et salvateur. Il fut le fruit d’efforts mutules et constants de nous tous.

Nous avons également découvert ensemble la nécessité de prendre du champ, de faire la part des choses, de privilégier la qualité de présence, de se préserver des morceaux de week-ends, de bouts de vacances, des temps d’autant plus forts qu’ils étaient rares…

S’agissant de l’engagement militaire au service de la France qu’à choisi mon fils Pierre-Emmanuel, il me faut préciser que nous ne sommes pas issus d’une lignée de militaires de carrière, mais plutôt de réservistes engagés et que cela fait aussi partie du récit familial. Ainsi mon père, notaire stagiaire, sorti de l’Ecole militaire d’infanterie de Cherchell comme aspirant en 1943, a participé au débarquement de Provence en tant que chef de section dans le génie de la 1er armée avant de perdre sa jambe en déminant le col de la Schlucht dans son Alsace natale en février 1945 ; son frère ainé, séminariste à Lyon , s’est engagé dans la Résistance dès 1940 puis a rejoint la brigade Alsace-Lorraine, commandée par André Malraux, comme aumônier catholique ; sa sœur a participé au corps expéditionnaire français en Italie dès 1943, puis à la campagne de France comme infirmière dans l’antenne chirurgicale mobile de la comtesse de Luart. Dans une époque moins héroïque, j’ai choisi d’être officier de réserve durant mon service militaire puis ai continué à servir dans la réserve de l’armée de terre durant trente-huit ans jusqu’au grade colonel.

C’est dans cet environnement familial que Pierre-Emmanuel a pris la décision de s’engager dans l’aviation légère de l’armée de terre (ALTAT), d’abord par passion du pilotage – il a passé son brevet de jeune pilote à seize ans-, mais aussi par choix de servir son pays comme soldat. Un choix qui nous a remplis de fierté et a aussi suscité un peu d’appréhension. Nous l’avons soutenu moralement dès le début, car c’était son choix et que c’était donc le bon. Ce soutien et cette fierté étaient partagés par ses grands-parents, par son frère et ses sœurs ainsi que par ses meilleurs amis, notamment ceux rencontrés chez les scouts. Plus tard, sa fiancée et future épouse, quoique issue d’une famille de sensibilité assez antimilitariste, a partagé et soutenu sa vocation et son engagement, comme elle en a témoigné de manière publique et admirable après sa mort. On peut dire aujourd’hui que l’engagement familial nous a tous soudés et que, pour lui, c’était important ; cela lui donnait de la force et de la sérénité, y compris dans le quotidien parfois difficile et dangereux de son métier de pilote d’hélicoptère, volontaire à quatre reprises pour des OPEX au Mali.

Pour ma femme et moi, l’engagement des familles, c’est d’abord le respect de la liberté de chacun de nos enfants de bâtir sa vie. C’est aussi un soutien inlassable et une forme de solidarité qui intègre, s’agissant de notre fils militaire, la dimension de grandeur, de servitude et de risque que comporte l’engagement si particulier au service des armes de la France. C’est enfin, quand survient le drame, par-delà le chagrin inconsolable et le sentiment de révolte légitime, l’acceptation du décès de notre fils, en union de douleur et de peine avec les autres familles des treize jeunes héros morts pour leur idéal et pour la France en cette nuit tragique du 25 novembre 2019.

Jean-Marie Bockel, président de l’association depuis septembre 2020, communique régulièrement sur les actions de Solidarité Défense .

Retrouvez ci-après son interview donnée à France Info sur l’opération Barkhane.

Retrouvez ci-après son hommage aux soignants, en première ligne depuis la crise de Covid-19.