Larguer les amarres, larguer les blessures

La douceur du vent, le bruit des vagues, un rayon de soleil sur la peau : tant de sensations relaxantes que l’on peut ressentir à bord d’un voilier. C’est pourquoi, de manière assez récente, certaines associations ont choisi de proposer à des militaires blessés et à leurs familles de naviguer, dans le but de faciliter leur reconstruction morale et physique. M. Combi, président de l’association La Voile pour se reconstruire, nous a expliqué les bienfaits de l’embarquement sur les blessés physiques et psychiques.

Le système actuel d’accompagnement par l’institution des militaires blessés fonctionne bien. Cependant, l’intervention des associations, en complément de l’aide de l’institution, est tout aussi nécessaire. Les associations permettent en effet de maintenir le lien avec les blessés et leurs familles, bien au-delà de leur lien au service. Des associations spécialisées, par exemple dans la navigation à la voile, sont d’autant plus attractives qu’elles proposent des activités « extra-ordinaires ». Grâce à ce type d’initiatives, les militaires ne se sentent pas oubliés. Chaque association a ses particularités. En ce qui concerne La Voile pour se reconstruire, la majorité des personnes embarquées n’ont jamais fait de voile. Dès lors le but est de les initier aux manœuvres. Les blessés, surtout les blessés psychiques, pouvant avoir une image dégradée de leurs capacités, cette situation de « première fois » leur permet de retrouver un peu de confiance en soi. Les blessés apprécient également de se retrouver entre eux. Emerge en fait un groupe informel au sein duquel les individus se parlent beaucoup, s’expriment librement, s’échangent des tuyaux, bref créent des liens et surtout se comprennent. Pour les blessés psychiques, qui peuvent se désociabiliser, la voile est un excellent moyen de contrer cette tendance puisque le voilier ne permet pas l’isolement. La communication est indispensable, voire obligatoire, dans un équipage : « La voile est un antidote à l’isolement ». Les blessés physiques, quant à eux, travaillent inconsciemment leur proprioception puisque le corps sur un voilier est en perpétuelle recherche d’équilibre.

Mettre les voiles, action dont le pouvoir symbolique est sans doute la force majeure, c’est s’évader : en embarquant à bord d’un voilier, on quitte son univers et ses problèmes quotidiens. En somme, « quand on largue les amarres, on largue les emm… ».

Christophe Combi tient à inciter davantage de personnes à faire découvrir leurs hobbies avec des blessés pour aider qui en aurait besoin, comme il a pu le faire avec la voile.

Solidarité Défense est fière et heureuse de soutenir ces belles initiatives au profit des militaires blessés et des familles. D’ailleurs, nous baptisons samedi 26 juin un voilier loué grâce au concours de Solidarité Défense qui naviguera avec sept autres bateaux, lors d’une semaine de sortie organisée par La Voile pour se reconstruire du côté de Toulon.

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