Expérimentation médiation équine


Projet d’activité thérapeutique à médiation équine de l’HIA Laveran : intérêt de la médiation animale

Le terme de médiation, dans le champ du soin psychique, renvoie à l’utilisation d’un moyen (un objet ou une technique par exemple) qui à la fois soutient la relation singulière entre le patient et le thérapeute, mais constitue également un mode d’échange et de communication ([1]). Nike Air Max 120 Ce type de thérapie n’est pas nouveau et prend racine dans des théories majeures telles que la psychanalyse ([2]).

L’utilisation d’une médiation non verbale peut sembler paradoxale dans le champ de la psychanalyse puisque la cure analytique, telle qu’elle a été conçue par Freud, est fondée sur le langage.  Historiquement, le recours aux médiations artistiques dans un cadre de thérapie analytique s’est initialement fait au profit d’enfants et de psychotiques, face au constat de l’impossibilité de travailler exclusivement à partir du registre verbal. La première médiation introduite dans la psychanalyse des enfants, pour suppléer aux associations verbales manquantes, a été celle du dessin, à la fois par Anna Freud et par Mélanie Klein dans les années 1920 ([3]). En 1971, D. W. Winnicott ([4]) introduit une technique spécifique de l’usage du dessin en psychothérapie, avec l’invention du squiggle, dans lequel l’ajout d’éléments par l’enfant au gribouillis initial de Winnicott s’effectue en fonction de la relation au thérapeute, et, réciproquement, la transformation par Winnicott du gribouillis de l’enfant relève de la relation à l’enfant.

 

La médiation animale implique de passer d’un objet inerte à un médiateur vivant, un être sensible et interactif. NIKE FREE RN Initialement, l’animal a été utilisé en thérapie pour pallier un handicap (exemple des chiens d’aveugle). Progressivement, dans les années 1970, en plus de la dimension palliative, la dimension de lien affectif vient intéresser les thérapeutes. La psychiatrie aliéniste au XIX° siècle avait déjà repéré l’intérêt d’utiliser des animaux dans les asiles d’aliénés mais donnait à la présence animale une vertu occupationnelle, la fonction de prendre soin en tenant compagnie.

En médiation animale, l’animal n’est pas le thérapeute. Il permet qu’une relation à trois s’instaure (patient/animal/thérapeute) où chacun se fait vecteur de communication et support relationnel ([5]).

                De nombreuses caractéristiques de l’animal peuvent s’utiliser dans une dynamique de médiation : l’animal utilise ses sens plus qu’il n’interprète, il a une perception réduite du champ des possibles, c’est un espace de projections et d’identifications incapable de réactions ambivalentes, il ne connait pas le paradoxe ni l’intentionnalité négative. En médiation animale, ce sont surtout des animaux sociaux qui sont utilisés, c’est-à-dire des animaux dont le groupe est régi par des règles hiérarchiques. Ces animaux utilisent des canaux d’expression (attitudes, sons) pour échanger au sein de leur communauté d’appartenance, ces modalités sont un support précieux pour le thérapeute.

                Le choix d’un animal en médiation doit se faire en fonction de ses caractéristiques d’espèce mais également en considérant son pouvoir symbolique. Si les premières représentations de chevaux dans des peintures rupestres remontent à 35 000 ans, la domestication du cheval commence elle environ  5 000 ans avant Jésus Christ. Le cheval occupe une place importante dans la mythologie et la religion (fléau chevalier dans l’apocalypse selon Saint Jean, centaures de la mythologie grecque, etc). C’est un animal ambigu qui incarne la puissance et la force (ayant trait au masculin) mais aussi la beauté et la fragilité (ayant trait au féminin). Dans la tradition militaire, le cheval est depuis des siècles un compagnon d’arme.

 

La médiation équine s’intègre dans une dynamique expérientielle. Le patient est amené à développer des habiletés, dans le domaine de l’observation et de la communication notamment.

L’intérêt d’utiliser la médiation équine chez des militaires souffrant d’état de stress post traumatique (ESPT) vient s’appuyer sur certains symptômes fréquemment présents dans cette pathologie ([6]). Par exemple, on retrouve souvent une tendance à l’isolement, des difficultés à communiquer avec les autres, à faire confiance.

Les chevaux sont des animaux imposants, ce qui conduit les patients ayant des troubles du caractère, se présentant sous la forme d’une irritabilité et de difficultés à contrôler leur impulsivité, à rapidement réaliser que, s’ils s’expriment de façon violente ou par des mouvements brusques, le cheval pourrait réagir de façon brutale et les blesser. Mujer Air Jordan 4 Par cette sensibilité, le cheval utilisé comme médiateur va permettre un ajustement relationnel.

De par leur statut de proie, les chevaux sont des êtres hyper vigilants par nature. A la différence d’autres animaux (comme le chien par exemple), l’équidé requière que l’homme travaille à gagner sa confiance. Ces caractéristiques d’espèce sont facilement repérées par les patients souffrant d’ESPT car elles font écho à leurs propres symptômes, ce qui permet un travail autour de l’identification.

Les patients présentant un ESPT se plaignent souvent d’anesthésie émotionnelle, et ont parfois l’impression d’être coupé de leur corps. Zapatillas AIR JORDAN 11 En médiation équine, le patient devra être attentif au langage corporel du cheval ainsi qu’à son propre langage corporel qui constitue un canal important de communication avec l’équidé. UGG Femme La médiation peut l’aider à décoder peu à peu l’expression corporelle des émotions et à reconnecter corps et psyché.

Le cheval vit au sein d’un groupe hiérarchisé qui nécessite la présence d’un leader. Dans une relation duelle avec le cheval, si l’humain ne se positionne pas comme leader, c’est l’équidé qui prendra cette place. Auprès du cheval, le blessé psychique devra donc apprendre à être assertif sans être agressif, et montrer suffisamment de confiance en soi pour gagner le respect du cheval et incarner la position de leader.

 

Pour sortir de l’emprise du trauma, les patients souffrant d’ESPT doivent reconstruire leur façon de percevoir le monde qui les entoure ainsi que leur propre ressenti subjectif. La crise psychique qu’ils traversent va remodeler les préjugés fondamentaux avec lesquels ils vivaient auparavant. Canada Goose Borden Bomber Les notions de bienveillance, de prévisibilité, de contrôle, de sécurité, d’identité et d’avenir seront alors particulièrement malmenées ([7]). UCF Knights Le cheval offre des réponses stables dans le temps, sans surprise dans ses modalités de communication, et peut devenir ainsi le support d’une relation sécure.  L’environnement peut être utilisé comme un levier thérapeutique pour favoriser le processus de reconstruction après la confrontation avec le réel de la mort. Kanken Backpack Australia L’activité thérapeutique à médiation équine conduite par des soignants, dans un cadre militaire mais à l’extérieur d’un lieu de soin, fournit un espace sécurisé pour les participants.

 

[1] Prieur-Richard E. Médiation thérapeutique corporelle au service du soin psychique. Nike Air Jordan 3
[Internet]. Supervision pour psychomotriciens. [consulté le 01 mai 2017].

Disponible sur: http://prieur-richard.net/mediat.php

[2] Brun A, Chouvier B, Roussillon R. Manuel des médiations thérapeutiques, éd. Dunod, Paris, 2013. P 10-40.

[3] Tristan Garcia-Fons. Invention du dessin dans la cure psychanalytique de l’enfant. La lettre de l’enfance et de l’adolescence. 2002 ;3 (49) : p. 43-50.

[4] Winnicott .D.W. La Consultation thérapeutique et l’enfant, éd. NCAA Jersey Shop Gallimard, Paris, 1971.

[5] Gillant Y. Le cheval en psychanalyse. 2ème colloque national de l’Institut de formation en équithérapie : regards sur la médiation équine, Paris, 26 avrils 2014.

[6] MacLean B. Equine assisted therapy. J Rehabil Res Dev. 2011;48(7):ix-xii.

[7] Lanning BA, Krenek NA. Examining effects of equine-assistedactivities to helpcomabt veterans improve quality of life.